[MMO] The Secret World

Attention, cet article nécessite des connaissances dans le domaine des MMORPG, aussi appelés MEUPORG par télématin. Pour ceux à qui ça parle pas mais qui ont quand même envie de lire l’article, voici un petit lexique des termes utilisés dans le domaine.

En 2006, j’ai commencé à jouer à Ryzom. Un excellent MMO, dont le contenu relativement pauvre en quêtes était pallié par l’existence d’une communauté de rôlistes très forte et soudée. Pour moi, donc, dans MMORPG il y avait surtout RPG, et l’incarnation d’un personnage passait forcément par du RP.

Un peu plus tard et après avoir eu mon petit coeur brisé par Ryzom, j’ai commencé à jouer à WoW . Là j’ai découvert un univers certes plus riche en quêtes et en entertainment, mais beaucoup plus pauvre en RP…même si les vétérans me diront que « oui mais avant », justement, « avant ». Faut plus se mentir, la communauté WoW est maintenant constituée à 75% de kikoolol et à 20% de goldfarmers ou de bots. Les 5% restants sont donc perdus face à tant de navritude, et souvent très heureux de trouver d’autres joueurs sachant aligner trois phrases normalement.

A la sortie de l’extension Wrath of the Lich King, j’ai commencé à me lasser sérieusement. Oui, va tuer 10 sanglinous, va tuer machin, va looter 25 trucs, va ramasser 50 fleurs de gneugneuh…et surtout VA EN INSTANCE pour obtenir du super équipement épique qui sera dépassé au prochain patch ! On jouait pour jouer, même le background devenait de moins en moins intéressant.

Bref.

Moi et les MMO on était un peu fâchés, même si j’avais bien accroché à la choupinitude de Ragnarok Online 2, le côté farm intensif me gonfle profondément.

C’est en regardant la web-serie « LFG » avec le Joueur du Grenier que j’ai découvert The Secret World, ou TSW parce que c’est plus court à écrire.

J’ai entendu parler d’un background riche, d’un univers contemporain à la Lovecraft, j’ai craqué. J’ai donc acheté ce jeu sans abonnement pour la modique somme de 29,99€, et bien ragé le lendemain car il était à 14,99€ sur Steam. *rageragerage*

Premiers pas dans le jeu…

Trois factions nous sont disponibles. Pour chacune, une vidéo d’intro nous expliquera les objectifs et leur manière d’y parvenir. Je vous conseille fortement, si vous vous lancez, de les regarder. Non seulement elles sont très bien réalisées, mais vous aurez vraiment une idée précise de qui vous allez défendre.

Trois factions, donc :

  • Les Illuminati : wiiii, vous pouvez jouer un sale Illuminati du Nouvel Ordre Mondial ! Les Illuminati collent bien au stéréotype des adeptes de la théorie du complot. De l’argent, du pouvoir, un libéralisme débridé et aucun scrupule.
  • Les Templiers : Tous ceux qui jouaient dans l’Alliance à WoW y reconnaîtrons les Serviteurs de la Lumière et de la Foi. Les Templiers sont la Justice, l’Amour, la Force, bref, des valeurs bien-pensantes tout plein.
  • Les Dragons : le Dragon est le Chaos. L’élément perturbateur. Celui qui s’insinue entre les deux autres factions et y sème le désordre.

Chacun a un QG, respectivement à New York, à Londres et à Séoul.

QG Dragons
QG Dragons
QG Illuminati
QG Illuminati
QG Templiers
QG Templiers

Une fois la faction choisie, retour dans le passé sous forme d’un tutoriel onirique à Tokyo. Fusil à pompe en main, nous faisons équipe avec un membre de chaque faction pour combattre une espèce de goo noire appelée la « souillure » et qui est au centre de l’intrigue.

Cette expérience assez flippante peut être zappée dès le début si vous le souhaitez, il suffit de faire demi-tour et de sortir de la zone. Mais si c’est votre premier perso, faites-la ! Elle vous permettra de découvrir les mécanismes du jeu en toute sérénité dans la terreur et l’incompréhension les plus totales.

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Allez-simple chez Lovecraft et Stephen King

Une fois le tutoriel passé, votre boss vous envoie investiguer en Nouvelle-Angleterre, plus précisément sur Solomon Island. Une fois sorti de l’Agartha, aka le moyen de transport le plus chelou de l’histoire du MMORPG, vous voici donc face…à des zombies.

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Si vous avez lu un peu Lovecraft ou joué à Call of Cthulu en JDR sur table, cet environnement vous rappellera furieusement les scènes impies et tentaculaires qui vous auront tant fait frémir. Si vous avez un peu lu Stephen King, la présence d’une Brume toxique transformant tout ce qu’elle touche en créature effroyable vous rappellera aussi vaguement quelque chose…

L’univers de Solomon Island est, d’une manière assumée, inspirée de ces deux univers. Vous plongerez donc au cœur d’une petite ville isolée infestée de zombies, dans laquelle les rares survivants tentent de lutter contre une mort, ou plutôt une non-mort, imminente.

Et, dès le début, l’immersion est totale.

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Solomon Island comprend trois zones de jeu distinctes.

Vous vous rendrez ensuite en Egypte, puis en Transylvanie. Oui, on peut buter des momies !

Le système de quêtes

Un des gros points forts du jeu est, à mon sens, le côté immersif et original des quêtes. Au-delà du dézingage à tout va, on vous demandera surtout de réfléchir, de découvrir par vous-même.

Plusieurs types de quêtes sont en effet disponibles :

  • La quête principale : c’est le fil conducteur de votre aventure. A travers plusieurs objectifs, vous serez amené à crapahuter autour du monde à la recherche d’indices vous permettant d’espérer comprendre le bordel ambiant.
  • Les quêtes d’aventure : avec ces quêtes, vous allez pouvoir laisser s’exprimer le bourrin assoiffé de sang qui est en vous !
  • Les quêtes de sabotage : il s’agira ici d’agir en finesse, en évitant pièges et caméras de surveillance. A vous de savoir vous infiltrer dans des lieux improbables, du sous-sol d’un musée au vieux bunker Russe sans vous faire écharper joyeusement par les sentinelles.
  • Les quêtes d’investigation : ici, il vous faudra être attentif et posséder soit une excellente culture générale, soit une capacité à rechercher des informations via le web. Avec quelques indices, il vous faudra vous arracher les cheveux de nombreuses heures pour enfin espérer percer les énigmes qui s’offriront à vous. Et attention, certaines missions sont très, très difficiles.
  • Les quêtes annexes : de petits bouts d’histoire sont disséminés ici et là. Reste à les retrouver…

Le nombre de quêtes est limité : une quête « principale » et trois quêtes annexes, pas plus !

Si ce système semble limiter les possibilités, il permet surtout de se concentrer sur des objectifs immédiats sans se perdre dans un journal de quêtes de 10 pages à suivre simultanément. Un bon point, donc.

L’équipement

Gros avantage sur ce jeu : peu importe son équipement, on peut choisir et acheter des tenues. Les armes sont customisables au niveau de l’apparence, et les pièces vous apportant vie, dps ou soins sont de simples talismans (bracelet, pendentif, ceinture…) invisibles. Du coup, vous pouvez jouer en bikini ou en armure lourde si vous le souhaitez.

Les tenues sont soit des uniformes gagnés avec certains achèvements, soit achetées à la friperie du coin.

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Grand « ouf » pour moi : non, je ne suis pas obligée de porter une armure à boobs ! Même si on rencontre régulièrement des avatars de joueurs (masculins) en petite tenue, on a le choix de son outfit. En tant que joueuse, incarnant de préférence des personnages féminins, c’est un véritable soulagement.

En bonus : beaucoup de costumes débiles (Oui je pense à vous, les two moroses) !

Du côté des armes, le choix est assez vaste, d’autant plus qu’on peut en porter deux : fusil d’assaut, pistolets, fusil à pompe, marteau, épée, griffes, poupées vaudou, grimoires, focalisateurs. Vous pouvez donc jouer uniquement au corps à corps, à distance ou à mi-distance.

Le levelling

Sur TSW, le levelling est divisé en deux sections : les points de pouvoir et les points de compétence. C’est tout. Pas de niveaux, pas de classe, mais une barre d’action limitée à 7 pouvoirs actifs qui dépendent des armes équipées, et 7 passifs que vous pouvez choisir en fonction des synergies d’effets que vous voulez déclencher.

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Les points de compétence augmentent l’habileté à manier vos deux armes, ainsi que le niveau de vos talismans.

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Les points de pouvoir, quant à eux, débloquent…des pouvoirs (bravo !) utilisables via la barre d’actions.

Ce système vous permet donc, à terme, de jouer chaque type de personnage. Deux armes + de nombreux pouvoirs = un nombre de possibilités effroyable qui s’adapte réellement en fonction des préférences de chacun.

Chaque arme et talisman est améliorable en soi, et peut être glyphé pour y ajouter des caractéristiques (toucher, critique, blocage, etc.). On commence avec de l’équipement blanc (=pourri), puis on passe au vert (=un peu rare), au bleu (=plus rare, souvent trouvé en donjon), puis au violet (=épique).

Les donjons

C’est une des parties les plus fun du jeu. Les donjons sont assez classiques : on avance, on tue des boss, on avance, etc. Chaque boss nécessite une stratégie particulière qui va crescendo jusqu’au boss final qui est parfois épouvantablement chiant.

Les donjons sont disponibles sous trois formats : normal, élite ou nightmare.

Si les deux premiers formats sont jouables, le mode nightmare est très, très difficile.

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La constitution des équipes est somme toute assez classique : un tank, trois dps et un heal sont nécessaires.

Dans l’ensemble, les donjons offrent des heures d’enjoyage furieux malgré les morts débiles. Car attention, dans TSW il n’y a pas de résurrection ! Une fois KO, vous attendez gentiment vos copains sur le dernier point de rez. Heureusement, vous pourrez les voir se faire tanner la gueule via un système de vidéo assez sympa.

TSW comporte aussi un raid à New York, que je n’ai pas encore testé.

Un autre principe de jeu bien sympa pour se faire pourrir en groupe est l’Antre. Sur chaque zone de jeu, vous pourrez ainsi accéder à des endroits blindés d’élites pas belles sur lesquelles looter des « blueprint » servant à invoquer des boss.

Les graphismes

Ce jeu est beau. Bien sûr, tout dépend de votre PC et de votre carte graphique, mais les zones de jeu sont très bien réalisées, les personnages et PNJ agréables à regarder, même si la création de personnage est rudimentaire, et votre avatar particulièrement inexpressif (à noter : sur les derniers épisodes, on peut, avec joie, voir son personnage SOURIRE ou même GRIMACER !) On regrettera cependant le manque d’optimisation du jeu, car certains lieux vous feront laguer à mort.

(Images jeuvideo.com)

Le PvP

Fracasser des monstres c’est cool, mais se fracasser entre nous dans la joie et la bonne humeur c’est bien sympa aussi ! Le PvP c’est pas trop mon truc, mais le système est assez intéressant.

Trois champs de bataille sont disponibles :

Fursang : une graaaaande map avec divers points de contrôle à prendre et à garder, l’objectif étant de prendre toute la map. Le plus sympa à mon sens, car nécessite pas mal de stratégie et un véritable jeu en groupe. Mais faut aimer courir.

Stonehenge : « King-of-the-Hill » c’est à dire le dernier qu’est vivant qu’à gagné.

El-Dorado  : « Capture the Flag » style. On chope un artéfact et on court pour sa vie.

En dehors des battlefield, des arènes sont aussi disponibles à New-York, Londres et Séoul. Je n’ai pas testé, et comme j’aime pas taper sur les potes, je pense que je ne testerai pas.

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Les plus

Ce jeu est très immersif. L’ambiance est bien posée, et on se retrouve pris dans une aventure où on n’est pas LE héros, mais une abeille parmi tant d’autres, confrontée à des évènements sur lesquelles on n’a finalement pas vraiment de prise.

L’univers n’est pas manichéen : pas de Bien-gentil-justice-liberté et de Mal-méchant-trahison-mort mais un ensemble de nuances de gris. Les PNJ ont un vrai caractère, une histoire, une manière de parler. Les cinématiques sont d’ailleurs très bien réussies.

Des traits d’humour sont disséminés ici et là, et ça fait du bien. Je pense entres autres aux topos de rendu-missions chez les Illuminati…

On peut communiquer et jouer entre factions.

Du contenu est ajouté régulièrement : des events sont proposés, on peut également acheter des épisodes supplémentaires qui prolongent l’histoire et nous font découvrir un peu plus d’éléments permettant de comprendre le monde secret.

Il existe pas mal d’addons, installables via Curse ou SecretUI.

Aucun abonnement n’est nécessaire : on peut, si on le souhaite, s’abonner pour bénéficier de points spéciaux à gaspiller dans la boutique du jeu, mais les achats ne sont pas imposés. On peut très bien jouer pendant des heures sans débourser autre chose que l’investissement de base.

La communauté est relativement adulte : le côté « réflexion » rebute sans doute les kikoolol.

Les moins

Le jeu est mal optimisé et souffre de quelques bugs parfois vraiment pénibles.

Trop de costumes à boobs quand même !

Conclusion

Voilà, je n’ai pas tout dit sinon mon article aurait été bieeeeeeeeeeeeeen plus long. J’espère vous avoir donné envie d’y jouer (vous pouvez tester quelques heures de jeu en étant parrainé).

Mon avatar s’appelle Araadia (sur Drac), n’hésitez pas à venir me faire un coucou à l’occase !

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