
{"id":10273,"date":"2014-08-12T21:29:45","date_gmt":"2014-08-12T20:29:45","guid":{"rendered":"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/?p=10273"},"modified":"2018-12-14T10:43:40","modified_gmt":"2018-12-14T09:43:40","slug":"beurkin-pancol-ou-la-zoologie-pour-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/beurkin-pancol-ou-la-zoologie-pour-les-femmes\/","title":{"rendered":"Pancol ou la zoologie pour les femmes"},"content":{"rendered":"<article class=\"entry-content\"><p style=\"text-align: justify;\">Souvenez-vous, il y a quelques&#8230;ann\u00e9es, je vous navrais avec mes spoilers de <a title=\"Et apr\u00e8s\u2026?\" href=\"https:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/et-apres\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Guillaume Musso<\/a> et de <a title=\"Et si c'\u00e9tait vrai\u2026?\" href=\"https:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/et-si-cetait-vrai-2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marc L\u00e9vy<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oh, il m&rsquo;en a fallu, du temps, et de bons romans, pour me purifier l&rsquo;\u00e2me (entres autres la trilogie du Seigneur des Anneaux et quelques milliers d&rsquo;\u00e9crits du Grand Nord sauvage) et oublier, vite, les m\u00e9saventures tragico-affligeantes de ces personnages de romans fadasses et pourtant extr\u00eamement rentables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis Flavie, encore, elle, bravo Flavie, m&rsquo;a apport\u00e9 \u00ab\u00a0La Femme Parfaite est une Connasse\u00a0\u00bb en me demandant d&rsquo;en faire la critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oh panique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis on m&rsquo;a demand\u00e9 si j&rsquo;avais lu 50 shades of Grey.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">*crise de spasmophilie bien imit\u00e9e* (sisi j&rsquo;imite super bien la spasmophilie)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me fallait rapidement une parade, un TRUC, tout pour retarder l&rsquo;in\u00e9vitable qui serait la lecture de ces deux aberrations chromosomiques litt\u00e9raires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ah mais oui, Pancol ! Mais si, si, j&rsquo;avais dit \u00ab\u00a0dans la lign\u00e9e de Musso tout \u00e7a\u00a0\u00bb Pancol, mais oui, bien s\u00fbr, Pancol, suis-je b\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bref.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pancol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Katherine de son pr\u00e9nom avec un K, c\u00e9ans avec un pull-over rose :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-12679 size-large\" src=\"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/AVT_Katherine-Pancol_6892-682x1024-682x1024.jpeg\" alt=\"AVT_Katherine-Pancol_6892-682x1024\" width=\"682\" height=\"1024\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;vous vous attendiez \u00e0 un commentaire narquois ? Et bien non, vils que vous \u00eates.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600;\">Les crocodiles sont des enfoir\u00e9s<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai entam\u00e9 ma lecture par \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.katherine-pancol.com\/bibliographie\/14-les-yeux-jaunes-des-crocodiles\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les yeux jaunes des crocodiles<\/a>\u00ab\u00a0. Parce que j&rsquo;aime bien les crocodiles et que la couv&rsquo; en poche est pas mal r\u00e9ussie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-12680 size-full\" src=\"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/519PtD5C01L.jpg\" alt=\"519PtD5C01L\" width=\"311\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le seul souci, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une SAGA d&rsquo;au moins trois livres, et que maintenant je suis oblig\u00e9e de lire les trois. La <em>Saga Cort\u00e8s<\/em>, du nom d&rsquo;\u00e9pouse de <strong>Jos\u00e9phine<\/strong> Cort\u00e8s, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne. Je pr\u00e9cise d&#8217;embl\u00e9e qu&rsquo;il s&rsquo;agit de son nom d&rsquo;\u00e9pouse, parce que c&rsquo;est une des raisons qui m&rsquo;a fait m&rsquo;arracher les rares cheveux de f\u00e9ministe qui me restent \u00e0 travers ma lecture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A vrai dire, je ne me souviens m\u00eame plus du nom de jeune fille de Jos\u00e9phine, je pense qu&rsquo;elle non plus, et pire, tout le monde s&rsquo;en contrefout. Pourtant, elle se fait plaquer dans les 10 premi\u00e8res pages par son mari, pour un mod\u00e8le plus jeune. Son mari se barre ensuite exploiter des crocodiles avec l&rsquo;Autre au Kenya.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cadeau, la premi\u00e8re page du livre :<\/p>\n<blockquote><p><span style=\"color: #707070;\">Jos\u00e9phine poussa un cri et l\u00e2cha l\u2019\u00e9plucheur. Le couteau avait d\u00e9rap\u00e9 sur la pomme de terre et entaill\u00e9 largement la peau \u00e0 la naissance du poignet. Du sang, du sang partout. Elle regarda les veines bleues, l\u2019estafilade rouge, le blanc de la cuvette de l\u2019\u00e9vier, l\u2019\u00e9gouttoir en plastique jaune o\u00f9 reposaient, blanches et luisantes, les pommes de terre \u00e9pluch\u00e9es. Les gouttes de sang tombaient une \u00e0 une, \u00e9claboussant le rev\u00eatement blanc. Elle appuya ses mains de chaque c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9vier et se mit \u00e0 pleurer. Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait trop de bonnes raisons. Celle-l\u00e0 ferait l\u2019affaire. Elle chercha des yeux un torchon, s\u2019en empara et l\u2019appliqua en garrot sur la blessure. Je vais devenir fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs, je vais me laisser mourir. C\u2019\u00e9tait une solution. Se laisser mourir, sans rien dire. S\u2019\u00e9teindre comme une lampe qui diminue. Se laisser mourir toute droite au-dessus de l\u2019\u00e9vier. On ne meurt pas toute droite, rectifia-t-elle aussit\u00f4t, on meurt allong\u00e9e ou agenouill\u00e9e, la t\u00eate dans le four ou dans sa baignoire. Elle avait lu dans un journal que le suicide le plus commun chez les femmes \u00e9tait la d\u00e9fenestration. La pendaison, pour les hommes. Sauter par la fen\u00eatre ? Elle ne pourrait jamais. Mais se vider de son sang en pleurant, ne plus savoir si le liquide qui coule hors de soi est rouge ou blanc. S\u2019endormir lentement. Alors, l\u00e2che le torchon et plonge les poignets dans le bac de l\u2019\u00e9vier ! Et m\u00eame, et m\u00eame\u2026 il te faudra rester debout et on ne meurt pas debout. Sauf au combat. Par temps de guerre\u2026 Ce n\u2019\u00e9tait pas encore la guerre. Elle renifla, ajusta le torchon sur la blessure, bloqua ses larmes, fixa son reflet dans la fen\u00eatre. Elle avait gard\u00e9 son crayon dans les cheveux. Allez, se dit-elle, \u00e9pluche les pommes de terre\u2026 Le reste, tu y penseras plus tard !<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jos\u00e9phine est patate, Jos\u00e9phine est malheur, Jos\u00e9phine est maman de deux filles, Jos\u00e9phine a sacrifi\u00e9 sa vie pour sa famille, et la Vie lui renvoie tout en pleine gueule, la garce !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si \u00e7a c&rsquo;est pas de <span style=\"color: #33cccc;\"><strong>l&rsquo;arch\u00e9type en papier m\u00e2ch\u00e9<\/strong><\/span>, je veux bien me d\u00e9fenestrer. Au fait non, Katherine, les femmes comme les hommes privil\u00e9gient la pendaison, et ces derni\u00e8res utilisent volontiers les intoxications m\u00e9dicamenteuses comme mode de suicide. La d\u00e9fenestration ne concerne que 9,7% des femmes. Un point pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 femmes-hommes ololol (pardon pardon).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bon sinon, elle travaille au CNRS sur des sujets obscurs du XII\u00e8me si\u00e8cle, et fait vivre sa famille avec son travail de chercheuse (GG !). Ce sera d&rsquo;ailleurs le seul v\u00e9ritable point d&rsquo;int\u00e9r\u00eat du livre, en apprendre une lichette de plus sur le Moyen-\u00c2ge, et encore, je suis g\u00e9n\u00e9reuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc l\u00e0 je parie que Jos\u00e9phine ressemble un peu \u00e0 ses patates, elle a le cheveu terne, l\u2019\u0153il vide, la peau squameuse \u00e0 force d&rsquo;attendre le prince charmant dans son eau de cuisson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bingo !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son mari, <strong>Antoine<\/strong> (aka Tonio) Cort\u00e8s, a perdu son travail chez\u00a0\u00ab\u00a0Gunman &amp;Co\u00a0\u00bb quelques ann\u00e9es auparavant, et n&rsquo;est \u00e9videmment plus que l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame. Son ch\u00f4mage lui a \u00f4t\u00e9 son r\u00f4le de patriarche, voyez, du coup bah&#8230;pouf pouf, il trompe sa femme avec <del>une coiffeuse<\/del> <del>sa secr\u00e9taire<\/del>\u00a0une esth\u00e9ticienne , la blonde et pulpeuse\u00a0<strong>Myl\u00e8ne<\/strong>, et finit par se barrer avec elle au Kenya pour \u00e9lever des crocodiles. <span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type en carton-p\u00e2te n\u00b02<\/strong><\/span> de l&rsquo;Homme, Immuable, Fort, Beau, Glorieux, qui va panser ses blessures narcissiques dans le ouisky et surtout dans les bras de la Blonde (<strong style=\"color: #33cccc;\">Arch\u00e9type n\u00b03<\/strong><span style=\"color: #000000;\">).<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plantation comprenait plusieurs d\u00e9partements. Il y avait l\u2019\u00e9levage des poulets qui servaient \u00e0 nourrir les crocodiles et les employ\u00e9s, l\u2019\u00e9levage de crocodiles qui partait des barri\u00e8res de corail et s\u2019\u00e9tendait sur plusieurs centaines d\u2019hectares \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres dans des rivi\u00e8res am\u00e9nag\u00e9es, la conserverie qui recueillait la viande des crocodiles et la mettait en bo\u00eetes, et l\u2019usine de transformation o\u00f9 les peaux des crocodiles \u00e9taient d\u00e9coup\u00e9es, tann\u00e9es, pr\u00e9par\u00e9es, assembl\u00e9es afin de partir en Chine pour \u00eatre transform\u00e9es en malles de voyage, valises, sacs, porte-cartes, porte-monnaie sigl\u00e9s au nom des grands maroquiniers fran\u00e7ais, italiens ou am\u00e9ricains. Cette partie de son commerce inqui\u00e9tait Antoine qui craignait des repr\u00e9sailles internationales si on venait \u00e0 d\u00e9couvrir que le trafic commen\u00e7ait dans sa plantation. Quand il avait \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9 par le propri\u00e9taire chinois qui \u00e9tait venu de P\u00e9kin pour le rencontrer \u00e0 Paris, cette partie de son activit\u00e9 lui avait \u00e9t\u00e9 cach\u00e9e. Yang Wei avait surtout insist\u00e9 sur l\u2019\u00e9levage, la production de viande et d\u2019\u0153ufs qu\u2019il faudrait organiser dans les meilleures conditions financi\u00e8res et sanitaires. Il lui avait parl\u00e9 d\u2019activit\u00e9s \u00ab annexes \u00bb sans les d\u00e9tailler, lui promettant qu\u2019il toucherait un pourcentage sur tout ce qui sortait \u00ab vivant ou mort \u00bb de la plantation. \u00ab Dead or alive, mister Cort\u00e8s ! Dead or alive. \u00bb Il souriait d\u2019un large sourire cannibale qui avait fait entrevoir des profits mirifiques \u00e0 Antoine.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pr\u00e9sage donc, d\u00e8s la page 12, un plantage en beaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">re-Bingo !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mis \u00e0 part son \u00e9chec, il n&rsquo;y a aucune mais <strong>aucune<\/strong> morale. Non, attendez, le mec a vendu des armes pendant la majeure partie de sa carri\u00e8re professionnelle. Ensuite il va dans une ferme de crocodiles exploiter des animaux <del>sans d\u00e9fense<\/del> pour en faire des bo\u00eetes de conserves et des sacs \u00e0 main, le tout chapeaut\u00e9 par Monsieur Wei, <span style=\"color: #33cccc;\"><strong>arch\u00e9type n\u00b0376<\/strong><\/span> du Chinois mesquin, habile et manipulateur. Je m&rsquo;attendais donc \u00e0 une \u00ab\u00a0morale\u00a0\u00bb ou au moins un semblant de prise de position, sauf que non, combo exploitation animale+racisme sous-jacent compl\u00e8tement gratuit bonjour (les autres asiatiques illustr\u00e9s dans le livre sont des serviteurs \u00e0 l&rsquo;\u00e9chine courb\u00e9e ou des employ\u00e9s pay\u00e9s 12 centimes la journ\u00e9e et qui se font r\u00e9guli\u00e8rement bouffer par les crocodiles, sans que \u00e7a \u00e9meuve qui que ce soit. <strong>Normal<\/strong>.). Idem pour le reste du contexte du livre qui nous parle tout de m\u00eame de la bourgeoisie parisienne puante, mais non. Dire que ce livre est\u00a0politiquement \u00ab\u00a0neutre\u00a0\u00bb\u00a0est inexact : ce livre est politiquement nul. Nul. Nada. Rien. <strong>Et surtout, aucun Noir.<\/strong> M\u00eame au Kenya. Jamais. Que des chinois.Tout va bien, youpi, vous reprendrez bien un peu de Prozac ?<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #707070;\">Antoine avait appris qu\u2019il ne fallait jamais affronter un Chinois de front. Le Chinois est tr\u00e8s sensible, susceptible m\u00eame, et chaque avertissement peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une humiliation qu\u2019il rem\u00e2chera longtemps.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-12683 size-full\" src=\"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/9kmJfWG.jpg\" alt=\"9kmJfWG\" width=\"512\" height=\"384\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La douce prog\u00e9niture de Jos\u00e9phine est constitu\u00e9e d&rsquo;Hortense, \u00e2g\u00e9e de 13 ou 14 ans, et de Zo\u00e9, 10 ans. La premi\u00e8re est une jeune pimb\u00eache sans-c\u0153ur, la seconde ressemble \u00e0 sa m\u00f4man.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Introduction d&rsquo;un nouveau personnage apr\u00e8s les formalit\u00e9s d&rsquo;usage sous forme de flashback \u00e0 l&rsquo;attention du lecteur qui n&rsquo;aurait pas saisi les \u00ab\u00a0subtilit\u00e9s\u00a0\u00bb du couple Jos\u00e9phine\/Antoine, Iris, la s\u0153ur de Jos\u00e9phine.<br \/>\nC&rsquo;est tr\u00e8s curieux, tiens donc, je m&rsquo;\u00e9tonne bien fort, ohl\u00e0l\u00e0, mais Iris est la s\u0153ur a\u00een\u00e9e, et probablement le mod\u00e8le adulte d&rsquo;Hortense (tandis que Zo\u00e9 est le sosie en nain de Jos\u00e9phine, bravo, vous avez suivi).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #707070;\">C\u2019\u00e9tait Iris, sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e. Elle parlait toujours d\u2019une voix gaie et entra\u00eenante comme si elle \u00e9tait charg\u00e9e d\u2019annoncer les\u00a0promotions au supermarch\u00e9. Iris Dupin, quarante-quatre ans, grande, brune, mince, aux longs cheveux noirs qu\u2019elle disposait comme un voile de mari\u00e9e perp\u00e9tuelle. Iris qui devait son pr\u00e9nom \u00e0 la couleur des deux grands lacs d\u2019un bleu intense qui lui servaient d\u2019yeux. Quand elles \u00e9taient petites, on l\u2019arr\u00eatait dans la rue. \u00ab Mon Dieu ! Mon Dieu ! \u00bb r\u00e9p\u00e9taient les gens en se mirant dans le regard sombre, profond, ourl\u00e9 de violet avec un minuscule \u00e9clat dor\u00e9. \u00ab C\u2019est pas possible ! Viens voir, ch\u00e9ri ! Jamais vu des yeux comme \u00e7a ! \u00bb Iris se laissait contempler, jusqu\u2019\u00e0 ce que, satisfaite et repue, elle entra\u00een\u00e2t sa s\u0153ur par la main en sifflant entre ses dents \u00ab quels ploucs ! Z\u2019ont jamais rien vu ! Faut voyager les mecs ! Faut voyager ! \u00bb. Cette derni\u00e8re phrase mettait Jos\u00e9phine en joie, elle partait en h\u00e9licopt\u00e8re, les bras grands ouverts, tournant sur elle-m\u00eame et hurlant de rire. Iris, en son temps, avait lanc\u00e9 toutes les modes, accumul\u00e9 tous les dipl\u00f4mes, s\u00e9duit tous les hommes. Iris ne vivait pas, Iris ne respirait pas, Iris r\u00e9gnait. \u00c0 vingt ans, elle \u00e9tait partie faire ses \u00e9tudes aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 New York. \u00c0 l\u2019universit\u00e9 de Columbia, d\u00e9partement cin\u00e9ma. Elle y avait pass\u00e9 six ans, \u00e9tait sortie premi\u00e8re ex aequo de sa promotion, avait gagn\u00e9 la possibilit\u00e9 de r\u00e9aliser un moyen m\u00e9trage de trente minutes. \u00c0 la fin de chaque ann\u00e9e, les deux meilleurs \u00e9tudiants se voyaient allouer un budget pour tourner un film. Iris avait \u00e9t\u00e9 l\u2019un des deux. L\u2019autre laur\u00e9at, un jeune Hongrois, g\u00e9ant t\u00e9n\u00e9breux et hirsute, avait profit\u00e9 de la c\u00e9r\u00e9monie de remise des prix pour l\u2019embrasser en coulisses. L\u2019anecdote \u00e9tait rest\u00e9e dans les annales de la famille. L\u2019avenir d\u2019Iris s\u2019inscrivait en lettres blanches sur les collines d\u2019Hollywood. Et un jour, sans crier gare, sans que personne n\u2019ait pr\u00e9vu ce retournement, Iris s\u2019\u00e9tait mari\u00e9e. Elle avait \u00e0 peine trente ans, revenait des \u00c9tats-Unis o\u00f9 elle avait remport\u00e9 un prix au festival de Sundance, pr\u00e9voyait de r\u00e9aliser un long m\u00e9trage dont on disait le plus grand bien. Un producteur avait donn\u00e9 un accord de principe et\u2026 Iris avait renonc\u00e9. Sans fournir aucune explication ; elle ne se justifiait jamais. Elle \u00e9tait rentr\u00e9e en France et s\u2019\u00e9tait mari\u00e9e. En voile blanc, devant le maire et le cur\u00e9. Le jour de son mariage, la salle de la mairie affichait complet.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b04<\/strong><\/span>\u00a0: la grande s\u0153ur pr\u00e9tentieuse et superbe qui fait se sentir notre h\u00e9ro\u00efne un peu plus patate chaque jour de sa vie en comparaison. Je passe sur le fait que les yeux des b\u00e9b\u00e9s CHANGENT en grandissant (une sombre histoire de m\u00e9lanine)(pardon) et que nommer \u00ab\u00a0Iris\u00a0\u00bb un enfant qui va peut-\u00eatre finir par avoir les yeux noirs est supr\u00eamement inepte, sinon je vais me d\u00e9fenestrer \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Iris<\/strong> est donc belle, grande, mince, Iris a fait un beau mariage avec <strong>Philippe<\/strong>, un homme riche, beau, blablabla (<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b05<\/strong><\/span>\u00a0: le CSP++ qui sous ses dehors de vautour puant a un petit c\u0153ur tout rose qui bat), en renon\u00e7ant <span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>\u00e9videmment<\/strong><\/span> \u00e0 tous ses r\u00eaves de gloire pour devenir maman au foyer. Maman, oui, mais bien s\u00fbr maman indiff\u00e9rente \u00e0 son fils, <strong>Alexandre<\/strong>, qui a l&rsquo;\u00e2ge de Zo\u00e9 et qui est cr\u00e9 cr\u00e9 malheureux parce que Papa est au bureau et Maman fait sa manucure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fichtre, j&rsquo;en suis m\u00eame pas \u00e0 la fin du premier chapitre et j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 envie de pleurer \u00e0 chaudes larmes. Tu m&rsquo;\u00e9tonne que je re\u00e7oive des coms de \u00ab\u00a0on a pa besoin du f\u00e9minisme c une femme ki le di\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-12687 size-medium\" src=\"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/19a7h5y26zihfjpg-500x373.jpg\" alt=\"19a7h5y26zihfjpg\" width=\"500\" height=\"373\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reprenons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous rencontrons ensuite, en vrac :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>Shirley<\/strong>, voisine de Jos\u00e9phine qui vit avec son fils <strong>Gary<\/strong>, un ado mal dans sa peau, de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;Hortense, l&rsquo;anglo-saxonne p\u00e9tillante et fougueuse, qui cache un lourd secret (<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b06<\/strong><\/span>) et qui vit en vendant des g\u00e2teaux aux riches. Really.<\/li>\n<li><strong>Henriette<\/strong>, la m\u00e8re indigne d&rsquo;Iris et Jos\u00e9phine qui est une vieille peau acari\u00e2tre et injuste et m\u00e9chante et mauvaise (<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b07<\/strong><\/span>) qui a perdu son mari et a d\u00fb, pour pr\u00e9server ses filles et surtout son niveau de vie, \u00e9pouser&#8230;<\/li>\n<li><strong>Marcel<\/strong>, le second mari d&rsquo;Henriette, beau-p\u00e8re d&rsquo;Iris et Jos\u00e9phine, gros beauf luisant avec cravate fluo mais qui a r\u00e9ussi \u00e0 la force du poignet \u00e0 devenir un homme d&rsquo;affaires super riche dans l&rsquo;ameublement et la d\u00e9coration int\u00e9rieure\u00a0(<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b08<\/strong><\/span>), et qui couche avec&#8230;<\/li>\n<li>Sa secr\u00e9taire, <strong>Josiane<\/strong>, alias \u00ab\u00a0Choupette\u00a0\u00bb, la p\u00e9quenaude sauv\u00e9e de la prostitution par Marcel qui l&rsquo;a pris sous son aile (<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b09<\/strong><\/span>) et qui couche aussi avec&#8230;<\/li>\n<li><strong>Chaval<\/strong>, le bell\u00e2tre cadre sup&rsquo; infect et calculateur\u00a0(<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b010<\/strong><\/span>).<\/li>\n<li><strong>B\u00e9reng\u00e8re<\/strong>, la bourge parisienne \u00ab\u00a0meilleure amie\u00a0\u00bb d&rsquo;Iris\u00a0(<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b011<\/strong><\/span>)<\/li>\n<li><strong>Luca<\/strong>, l&rsquo;inconnu de la biblioth\u00e8que, l&rsquo;intello beau comme un dieu qui s&rsquo;ignore, animal bless\u00e9 qui cache ses blessures narcissiques\u00a0sous une fausse indiff\u00e9rence\u00a0(<span style=\"color: #33cccc;\"><strong>Arch\u00e9type n\u00b012<\/strong><\/span>) et dont Jos\u00e9phine va tomber amoureuse.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">N&rsquo;en jetez plus, piti\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;en suis \u00e0 ce stade de ma lecture \u00e0 me demander s&rsquo;il existe un Grand Manuel de l&rsquo;Ecriture M\u00e9diocre qui recenserait tous les personnages arch\u00e9typaux en nous pr\u00e9cisant la liste de leurs attributs obligatoires. Non mais l\u00e0, on ne peut pas faire plus clich\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ah, si, j&rsquo;oubliais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les \u00ab\u00a0pauvres\u00a0\u00bb parlent comme des titi parigots. S\u00e9rieusement (Ici Marcel raconte dans un monologue int\u00e9rieur son rapport avec Josiane) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle venait du m\u00eame milieu que lui. La vie l\u2019avait form\u00e9e \u00e0 coups de baffes, de brutes qui s\u2019\u00e9taient coll\u00e9es contre elle, l\u2019avaient tripot\u00e9e, enfourn\u00e9e sans qu\u2019elle ait eu le droit de se d\u00e9fendre. Marcel avait vite compris, \u00e0 la regarder, qu\u2019elle ne demandait, comme lui, qu\u2019\u00e0 se d\u00e9p\u00eatrer de ce bourbier. \u00ab Mon salaire pleure mis\u00e8re, va falloir lui rendre le sourire \u00bb, lui avait-elle d\u00e9clar\u00e9 neuf mois apr\u00e8s avoir d\u00e9but\u00e9. Il avait obtemp\u00e9r\u00e9 et mieux : il en avait fait une odalisque rus\u00e9e et avis\u00e9e, d\u00e9bordante de chair et d\u2019intelligence. Peu \u00e0 peu elle avait \u00e9limin\u00e9 toutes ses ma\u00eetresses, celles qui le consolaient de la triste compagnie conjugale. Il ne le regrettait pas. Il ne s\u2019ennuyait jamais avec Josiane. Ce qu\u2019il regrettait, c\u2019\u00e9tait d\u2019avoir \u00e9pous\u00e9 Henriette. Le Cure-dents constip\u00e9. La peine-\u00e0-jouir mais prompte-\u00e0-d\u00e9penser, qui pompait all\u00e8grement son fric sans jamais rien donner ni de son corps ni de son c\u0153ur. Mais qu\u2019estce que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 con de l\u2019\u00e9pouser ! J\u2019ai cru que j\u2019allais m\u2019\u00e9lever socialement. Tu parles d\u2019un ascenseur ! Elle n\u2019a jamais d\u00e9pass\u00e9 le rez-de-chauss\u00e9e.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>DONC<\/strong> on suit un peu tous ces personnages et leurs trajectoires pendant quelques pages avant que l&rsquo;intrigue principale se noue enfin. Pour r\u00e9sumer, <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>attention, spoilers<\/strong><\/span>, mais vous vous attendiez \u00e0 \u00eatre spoil\u00e9s sinon vous ne seriez pas l\u00e0 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Shirley est en r\u00e9alit\u00e9 une lady anglaise, fille ill\u00e9gitime de la Reine Elisabeth II, qui se cache d&rsquo;une myst\u00e9rieuse menace incluant les services secrets et un homme mal\u00e9fique dont elle est \u00e9perdument amoureuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marcel va d\u00e9couvrir que Choupette le \u00ab\u00a0trompe\u00a0\u00bb avec Chaval, avant que celle-ci ne parvienne \u00e0 le r\u00e9cup\u00e9rer et \u00e0 se faire mettre enfin enceinte pour l&rsquo;obliger \u00e0 quitter Henriette qui n&rsquo;a pas dit son dernier mot. Allez, un extrait classe\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #707070;\">Il s\u2019\u00e9carta pour l\u2019observer ; elle s\u2019exprimait, le visage rouge, l\u2019air concentr\u00e9, et ses sourcils se rejoignaient en un V profond et h\u00e9riss\u00e9 de poils blonds. Il se fit la r\u00e9flexion que cette femme, cette ma\u00eetresse id\u00e9ale qui ne reculait devant aucune g\u00e2terie sexuelle et poss\u00e9dait tous les talents, avait, depuis quelques minutes, toutes les ambitions. \u00c7a me change de ma femme qui me fait des pipes avec une paille, et encore \u00e0 chaque fois qu\u2019on \u00e9lit un nouveau pape ! J\u2019ai beau lui appuyer sur la nuque, elle y va pas. Josiane, elle, y allait franco. \u00c0 grands coups de reins, \u00e0 grands coups de langue, \u00e0 grands coups de nichons, elle l\u2019envoyait aux anges, lui faisait crier maman, le faisait rebondir de baiser en baiser, le l\u00e9chait, le caressait, le serrait entre ses cuisses vigoureuses et, lorsque le dernier spasme venait \u00e0 mourir sur ses l\u00e8vres, elle le recueillait doucement entre ses bras, l\u2019apaisait, le ragaillardissait avec une fine analyse de la vie de l\u2019entreprise avant de l\u2019exp\u00e9dier \u00e0 nouveau au ciel de lit. Quelle femme ! se dit-il. Quelle ma\u00eetresse ! G\u00e9n\u00e9reuse. Affam\u00e9e. Douce au plaisir, dure au travail. Blanche, laiteuse, voluptueuse, \u00e0 se demander o\u00f9 elle planque les os de son squelette !<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hortense va allumer grave Chaval avant de le jeter, snobant m\u00e9chamment Gary qui est amoureux en silence, mais qui va sortir de son adolescence ingrate pour se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre lui aussi beau comme un dieu (mein gott ils sont g\u00e2t\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiquement dans ce bouquin).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Antoine et Myl\u00e8ne vont avoir du mal \u00e0 se faire payer du m\u00e9chant chinois machiav\u00e9lique, situation d&rsquo;autant plus pr\u00e9caire qu&rsquo;Antoine a emprunt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insu de sa femme trouzmille p\u00e9pettes \u00e0 la banque avant de se casser. Antoine va finir bouff\u00e9 par un crocodile, mais Jos\u00e9phine ne voudra pas le dire \u00e0 ses filles. Myl\u00e8ne, quand \u00e0 elle, monte une ligne de cosm\u00e9tiques en Chine et r\u00e9ussit fort bien sa vie, bisou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jos\u00e9phine, ruin\u00e9e, commence \u00e0 travailler pour Philippe, son beau-fr\u00e8re, en effectuant des traductions de documents pour sa soci\u00e9t\u00e9. Philippe tombera amoureux de Jos\u00e9phine, apr\u00e8s avoir claqu\u00e9 une beigne virtuelle \u00e0 Iris en organisant une rencontre avec son amour de jeunesse \u00e0 elle, qui s&rsquo;est un tr\u00e8s grand r\u00e9alisateur \u00e0 succ\u00e8s mais h\u00e9las, mari\u00e9 avec\u00a0enfants. BIM.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><del>Intrigue\u00a0principale<\/del> pitch:<\/strong> Iris s&rsquo;ennuie dans son luxe, et raconte pour s&rsquo;amuser lors d&rsquo;une d\u00eener mondain qu&rsquo;elle \u00e9crit un roman qui se d\u00e9roule au XII\u00e8me si\u00e8cle, puis supplie Jos\u00e9phine de lui \u00e9crire en lui promettant tous les gains du livre contre son silence. Jos\u00e9phine, financi\u00e8rement accul\u00e9e, \u00e9crit, Iris passe \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 et le livre est un best-seller, sauf que Jos\u00e9phine d\u00e9prime parce que c&rsquo;est SON livre. Philippe, Zo\u00e9 puis Hortense, d\u00e9couvrent le pot-aux-roses (m\u00eame si il faut vraiment pas \u00eatre grand clerc pour deviner que peut-\u00eatre que c&rsquo;est pas Iris qui a \u00e9crit un bouquin sur le sujet de pr\u00e9dilection de sa s\u0153ur&#8230;), et Hortense passe \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 et d\u00e9voile tout au grand public qui conspue Iris, qui finit en clinique pour d\u00e9pression.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, les gens, sachez-le, on PEUT passer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 comme \u00e7a just for fun, c&rsquo;est la magie du petit \u00e9cran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En encore plus r\u00e9sum\u00e9, \u00e7a donnerait :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le mari de Jos\u00e9phine la quitte un beau matin pour une blonde avant de partir au Kenya, la laissant seule avec ses deux filles et dans une situation financi\u00e8re d\u00e9sastreuse. Iris propose \u00e0 sa soeur Jos\u00e9phine d&rsquo;\u00e9crire un livre pour elle sans savoir qu&rsquo;elle travaille d\u00e9j\u00e0 en secret pour son mari Philippe, qui va tomber amoureux d&rsquo;elle. Jos\u00e9phine \u00e9crit le livre, touche beaucoup d&rsquo;argent, mais Hortense sa fille finit par d\u00e9voiler la supercherie \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. La voisine de Jos\u00e9phine, Shirley, cache un lourd secret, elle est l&rsquo;enfant ill\u00e9gitime de la Reine d&rsquo;Angleterre. Le beau-p\u00e8re de Jos\u00e9phine se casse avec sa secr\u00e9taire qui est enceinte, laissant Henriette, la m\u00e8re, sur le pav\u00e9. Pendant ce temps, Antoine se vautre en beaut\u00e9 et se fait bouffer par un crocodile, tandis que Myl\u00e8ne r\u00e9ussit dans l&rsquo;industrie cosm\u00e9tique en Chine. Ah, et Jos\u00e9phine se tape le beau gosse Luca, qui cache un lourd secret.<\/em><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>LE\u00a0SC\u00c9NARIO\u00a0DE CE LIVRE TIENT EN MOINS DE DIX LIGNES \u00a7\u00a7\u00a7<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce n&rsquo;est pas le pire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pire c&rsquo;est que ce ramassis de clich\u00e9s nous propose des arch\u00e9types f\u00e9minins \u00e0 gerber, alors que les hommes sont tous pardonnables, excusables, et finalement beaux au fond d&rsquo;eux-m\u00eames. C&rsquo;est magnifique, une telle tol\u00e9rance, chapeau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff00ff;\"><strong>Les femmes de Pancol :<\/strong><\/span><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>La m\u00e9nag\u00e8re hirsute qui a juste besoin d&rsquo;amour pour retrouver ses couleurs et des cheveux soyeux (Jos\u00e9phine).<\/li>\n<li>La lady aux multiples facettes qui cache une midinette fragile sous sa carapace en b\u00e9ton arm\u00e9 (Shirley).<\/li>\n<li>La bonne fille du peuple joviale, travailleuse, qui parle franc (Myl\u00e8ne, Josiane, Babette&#8230;).<\/li>\n<li>La riche oisive v\u00e9nale manipulatrice, ou la vieille peau riche oisive v\u00e9nale manipulatrice (Iris, Henriette, B\u00e9reng\u00e8re).<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #3366ff;\"><strong>Les hommes de Pancol :<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le travailleur acharn\u00e9 mais un peu na\u00eff qui se fait mener par le bout du nez ou de la queue par les femmes, qui cache ses d\u00e9fauts sous une fausse assurance, qui est en r\u00e9alit\u00e9 bless\u00e9 dans sa chair et croule sous les obligations que son statut de patriarche lui impose (Antoine, Philippe, Marcel, Luca).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je rage, je rage, je rage.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-12686 size-full\" src=\"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/CSsI7bF.jpg\" alt=\"CSsI7bF\" width=\"512\" height=\"384\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Mais&#8230;c&rsquo;est <span style=\"color: #ff0000;\"><strong>CRIMINEL<\/strong> <\/span>de publier des trucs comme \u00e7a, bon sang !!!<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est tellement au-del\u00e0 du simple du clich\u00e9 d&rsquo;op\u00e9rette que \u00e7a en devient dangereux. A travers une publication hyper-vendeuse, on v\u00e9hicule des st\u00e9r\u00e9otypes ineptes et malhonn\u00eates qui ne font que conforter notre vision binaire du monde sexu\u00e9. Chiotte.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #ff6600;\">Gloire \u00e0 l&rsquo;Homme Blanc Cis H\u00e9t\u00e9ro CSP+ !<\/span><\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parce que ce livre cultive cette vision archa\u00efque de la Femme Multiple, \u00e0 deux visages, jamais franche, toujours manipulatrice, ou au contraire la Sainte Femme qui subit avec plaisir et abn\u00e9gation les \u00e9preuves c\u00e9lestes de la vie. La salope et la sainte, on y est. Jos\u00e9phine est l&rsquo;arch\u00e9type, donc, de la bonne m\u00e8re de famille sentimentale (probablement le public-cible du bouquin, c&rsquo;est de bonne guerre), lasse de sa beaut\u00e9 endormie, qui n&rsquo;attend qu&rsquo;un coup de pouce du destin pour s&rsquo;extraire de sa chrysalide et d\u00e9ployer ses ailes de libellule enchant\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parce que ce qui fait \u00e9crire Jos\u00e9phine, c&rsquo;est Luca, le bell\u00e2tre. Il la motive, il la fait r\u00eaver, et lorsqu&rsquo;il pose enfin le regard sur la m\u00e8re de famille, celle-ci tombe en p\u00e2moison devant tant d&rsquo;honneur. Il a des raisons de l&rsquo;aimer, et il le dit :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #707070;\">J\u2019avais enfin rencontr\u00e9 une femme intelligente, mignonne, r\u00e9fl\u00e9chie, qui accordait de l\u2019importance au fait qu\u2019un homme attende avant de se jeter sur elle !<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;image de la Vertu, que je vous dis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;autre pendant est repr\u00e9sent\u00e9 par toutes ces femmes futiles, castratrices, manipulatrices, v\u00e9nales, qui n&rsquo;attendent de l&rsquo;Homme qu&rsquo;un bon mariage et une situation confortable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas d&rsquo;entre-deux, pas de nuance, pas de subtilit\u00e9 dans les personnages, c&rsquo;est soit l&rsquo;un, soit l&rsquo;autre, et c&rsquo;est <span style=\"color: #ff0000;\">purement consternant<\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 des personnages masculins, on nage en pleine complaisance. \u00ab\u00a0Les femmes ont le pouvoir depuis longtemps hohoho pauvres hommes\u00a0\u00bb. L&rsquo;Homme est enferm\u00e9 dans un syst\u00e8me qu&rsquo;il a lui-m\u00eame b\u00e2ti, c&rsquo;est surtout une <span style=\"color: #ff0000;\">victime<\/span>. <em>Et hop, on envoie les male tears, coupez !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis probablement trop critique, trop habitu\u00e9e \u00e0 discerner du sexisme un peu partout, sauf que l\u00e0 c&rsquo;est trop gros. Quand je pense que ce livre s&rsquo;est\u00a0vendu \u00e0 <strong>deux millions d&rsquo;exemplaires<\/strong>, j&rsquo;ai vraiment envie de me d\u00e9fenestrer. On est pile poil dans LE souci dans la culture de masse. Que la forme soit pitoyable, admettons, \u00e7a arrive \u00e0 des gens tr\u00e8s bien et je serai bien mal avis\u00e9e de critiquer sur l&rsquo;\u00e9criture. Je m&rsquo;attendais \u00e0 un mauvais roman, oui. Je ne m&rsquo;attendais pas \u00e0 de telles \u00e9normit\u00e9s, planqu\u00e9es sous un vernis de \u00ab\u00a0saga\u00a0\u00bb familiale facile \u00e0 lire pour l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Mais merde, il y a <strong>pl\u00e9thore<\/strong> de livres bien \u00e9crits, faciles \u00e0 lires, qui nous transportent ailleurs, loin, sans nous faire passer en douce des messages sur notre mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre une femme ou un homme (l&rsquo;entre-deux n&rsquo;existe pas, rappelons-le)(heu je parle de mani\u00e8re sarcastique hein).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-12688 size-medium\" src=\"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/Jesus_Facepalm-dos-500x400.jpg\" alt=\"Jesus_Facepalm-dos\" width=\"500\" height=\"400\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600;\">Les chinois sont tous des tra\u00eetres<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 de la vision compl\u00e8tement sexiste du livre, on peut ajouter l&rsquo;aspect sp\u00e9ciste (les crocodiles, merde), raciste (les chinois, merde) et classiste (les prolos, merde).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;aspect <strong>sp\u00e9ciste<\/strong> concerne \u00e9videmment cet \u00e9levage qui me colle des sueurs froides, et ce sans aucune tentative de prendre parti, comme je le disais plus haut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;aspect <strong>raciste<\/strong> a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9, avec ces id\u00e9es re\u00e7ues sur les chinois et leur phagocytage des fleurons de l&rsquo;industrie fran\u00e7aise, leurs ouvriers pay\u00e9s \u00e0 coups de bambou et leur servilit\u00e9 factice destin\u00e9e uniquement \u00e0 tromper l&rsquo;homme blanc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;aspect <strong>classiste<\/strong> est \u00e9galement omnipr\u00e9sent, avec ces consid\u00e9rations surr\u00e9alistes sur les travailleurs au SMIC, les femmes de m\u00e9nage, les bonnes&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec une <strong>mention putophobe<\/strong> \u00e0 plusieurs reprises tout au long du livre (Josiane a d\u00e9j\u00e0 fait des passes, Marylin y a pens\u00e9 avant qu&rsquo;Antoine ne la \u00ab\u00a0sauve\u00a0\u00bb&#8230;)<\/p>\n<blockquote><p><span style=\"color: #707070;\">\u2014 Tu me bassines avec ta classe, Marcel. Si t\u2019\u00e9tais pas l\u00e0 pour banquer, elles baveraient du r\u00e2telier, ces femelles. Elles feraient comme tout le monde, des pipes ou des m\u00e9nages !<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ah bah oui, c&rsquo;est vrai, tiens donc. Je suis issue de la classe moyenne, je me reconnais parfaitement l\u00e0-dedans. Encore ! Encore !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(Iris et la vie)<\/p>\n<blockquote><p><span style=\"color: #707070;\">Les femmes seules lui faisaient horreur. Elles \u00e9taient si nombreuses ! Toujours \u00e0 courir, \u00e0 se d\u00e9mener, la mine p\u00e2le, la moue avide. La vie des gens est terrifiante, aujourd\u2019hui, se dit-elle en trempant les l\u00e8vres dans son whisky. Il flotte dans l\u2019air une angoisse \u00e9pouvantable. Et comment en serait-il autrement ? On les prend \u00e0 la gorge, on les oblige \u00e0 travailler du matin au soir, on les abrutit, on leur inflige des besoins qui ne leur ressemblent pas, qui les \u00e9garent, les pervertissent. On leur interdit de r\u00eaver, de tra\u00eener, de perdre leur temps. On les use \u00e0 la t\u00e2che. Les gens ne vivent plus, ils s\u2019usent. \u00c0 petit feu. Gr\u00e2ce \u00e0 Philippe, \u00e0 l\u2019argent de Philippe, elle jouissait de ce privil\u00e8ge incomparable : elle ne s\u2019usait pas.<\/span><\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p><span style=\"color: #707070;\">Iris observait Babette comme on scrute une amibe en lamelle, au laboratoire. La vie de Babette \u00e9tait un roman : enfant abandonn\u00e9e, viol\u00e9e, recueillie par des familles d\u2019accueil, rebelle, d\u00e9linquante, mari\u00e9e \u00e0 dix-sept ans, m\u00e8re \u00e0 dix-huit, elle avait multipli\u00e9 les fuites, les d\u00e9lits sans jamais abandonner sa fille, Marilyn, qu\u2019elle emmenait cal\u00e9e sous son bras, la comblant de tout l\u2019amour qu\u2019elle n\u2019avait pas re\u00e7u. \u00c0 trente-cinq ans, elle avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00ab arr\u00eater les conneries \u00bb. Se ranger, travailler \u00e0 la loyale pour payer les \u00e9tudes de sa fille qui venait d\u2019avoir le bac. Elle serait femme de m\u00e9nage. Elle ne savait rien faire d\u2019autre.<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Non mais STOP, je d\u00e9connais, chut maintenant avec tes extraits !<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Pourquoi ? Pourquoi ????<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"color: #252525;\">Katherine Pancol na\u00eet au\u00a0Maroc\u00a0o\u00f9 son p\u00e8re, ing\u00e9nieur, construit des barrages et des immeubles. Elle a cinq ans quand ses parents rentrent en\u00a0France\u00a0et s&rsquo;installent \u00e0\u00a0Paris. Elle suit des \u00e9tudes classiques, s&rsquo;inscrit en\u00a0fac de lettres\u00a0\u00e0\u00a0Nanterre\u00a0en licence, puis ma\u00eetrise et doctorat de lettres modernes.<\/p>\n<p style=\"color: #252525;\">Apr\u00e8s divers petits boulots, \u00e0 vingt ans, elle devient journaliste et entre \u00e0\u00a0<i>Paris Match<\/i>\u00a0puis \u00e0\u00a0<i>Cosmopolitan<\/i>, apr\u00e8s une rencontre avec Juliette Boisriveaud alors r\u00e9dactrice en chef du journal. C&rsquo;est alors que\u00a0Robert Laffont\u00a0la remarque et lui demande d&rsquo;\u00e9crire un roman.(<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Katherine_Pancol\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Wikipedia<\/a>)<\/p>\n<p style=\"color: #252525;\">\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ok. Donc les \u00ab\u00a0pauvres\u00a0\u00bb sont probablement effectivement des amibes en lamelles pour Katherine Pancol. Qui causent tous en argot bien visqueux, n&rsquo;ont aucune classe, ont toujours des probl\u00e8mes d&rsquo;argent, ont une nombreuse\u00a0prog\u00e9niture de plusieurs p\u00e8res diff\u00e9rents de pr\u00e9f\u00e9rence (Je ne ferai pas de commentaire sur le doctorat en lettres modernes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je&#8230;je vais me pendre, je reviens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-12689 size-medium\" src=\"http:\/\/aucreuxdemoname.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/83B86bn-500x375.jpg\" alt=\"83B86bn\" width=\"500\" height=\"375\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y aurait encore beaucoup \u00e0 dire, mais je me r\u00e9serve \u00e7a pour les tomes 2 et 3 (j&rsquo;ai fini la moiti\u00e9 du second, et oui, \u00e7a se lit vite).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur ce, je vais me nettoyer les yeux \u00e0 l&rsquo;acide chlorhydrique, respirer un bon coup et finir rapidement ma lecture !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Hey, n&#8217;emp\u00eache, maintenant vous pouvez faire croire que vous l&rsquo;avez lu.\u00a0<\/em><\/p>\n<\/article>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvenez-vous, il y a quelques&#8230;ann\u00e9es, je vous navrais avec mes spoilers de Guillaume Musso et de Marc L\u00e9vy. 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