Vinaigre blanc et paillettes de savon

Il y a parfois de grands mystères dans la vie et celui que je vous présente aujourd’hui est voué à rester irrésolu à jamais pour moi.

COMMENT font ces joyeuses mamans avec 5 enfants et un travail à temps plein pour faire des repas sains, cuisinés maison avec amour et raffinement, du crochet ou de la peinture à l’eau, et leurs produits ménagers et cosmétiques maison ?

J’en sais foutrement rien.

Est-ce que ces personnes existent réellement ? Qui sont-elles ? Quels sont leurs réseaux ?

Ah parce que ce sont celles là même qui vont te dire que « moi, le vinaigre blanc, je n’utilise plus QUE ça, avec le bicarbonate, des paillettes de savon et des huiles essentielles, je fais tout dans la maison, regarde, c’est si facile ! »

Ou encore « Tu utilises encore des lingettes et du sopalin ? HAN mais pourtant, avec de la microfibre tu fais tout, et c’est tellement plus respectueux de la nature ! »

Sans oublier le « Le bio, c’est pas si cher, faut se donner un peu de mal, comparer les prix mais, franchement, c’est pas compliqué ! ».

J’en connais, vous en connaissez, et peut-être que vous êtes cette personne (dans ce cas, envoyez moi en commentaire votre secret ou l’adresse de votre revendeur de came s’il vous plaît, j’en veux.).

Non parce que moi, j’ai un enfant. Un seul. Un seul et déjà ma journée de vacances ressemble à un cauchemar d’un mauvais sitcom. En vacances, réussir à me laver tous les jours c’est déjà une victoire. Réussir à me laver seule, je sais plus trop, je pense que j’y arrive de temps en temps, tout est flou dans ma tête. Faire un vrai repas entrée-plat-dessert ça tient de l’anomalie. Me maintenir en vie est en soi un défi considérable (Comptez que depuis la première ligne de cet article, mon enfant m’a déjà appelée deux fois car il sait que je fais quelque chose sans lui)(et il est 1h31 du matin). Si mes sols sont propres c’est uniquement car il est dans la phase où il tente de lécher le carrelage juste pour voir mon visage éberlué. Tenez, voilà, activité DIY : renforcer le système immunitaire de son enfant en faisant les gros yeux quand il mange le tapis. Dans ta face, Gulli Parc !

 

Alors ouais, je triche, j’ai une pathologie relativement lourde et relativement handicapante blablabla. N’empêche. Jusqu’à présent, à moins qu’on me mente délibérément, je n’ai pas vu une seule de ces super-mamans de mes yeux. Je sais qu’elles existent, elles ont des blogs et tout, des comptes Instagram où tu les vois poser fièrement en bikini (What’s YOUR excuse ?) avec leur nombreuse progéniture pleine de vie et bien élevée.

Au fond de moi, bien sûr que je sais qu’elles ont un « truc ». Déjà, vous aussi vous avez remarqué qu’il y a approximativement 0,0004% de blogs sur la parentalité tenus par des pères ? Les pères au foyer que j’ai pu rencontrer (approximativement 2) sont tous beaucoup moins stressés. Je binarise pour simplifier bien sûr mais…

Leur maison est la neuvième porte des Enfers ? Hey, attendez, il garde ses enfants pendant que l’autre travaille, quel héros !

Il est en retard chez la nounou ? Normal, c’est un papa très occupé !

Son enfant a la coupe du Cousin Machin ? Quoi, tu veux pas non plus qu’il s’occupe de ça, m’enfin.

Le même enfant chevelu se roule par terre en hurlant car non, 18 paquets de Krema, chaton, ça fait beaucoup ? Quel courage ! Quelle abnégation !

 

Je sais pas pour vous, mais quand mon gamin hausse un sourcil en public, je sens déjà peser les regards réprobateurs et les yeux au ciel. Quand je lui donne mon téléphone dans la salle d’attente du médecin je m’attends limite à voir débouler par la fenêtre les gars du RAID. Mon enfant doit être présentable, jovial même avec 41°C de fièvre, silencieux et poli. Toutes ces choses n’arrivent jamais, strictement JAMAIS en même temps. Jamais. Et je sais que votre enfant est pareil. Pourtant, cela me semble un objectif aussi ancré en moi que de faire du 38 (je sais que ça n’arrivera jamais non plus, mais je persiste à y croire encore de temps en temps).

En même temps, je continue à tomber sur ces articles, et je les lis, la larme à l’oeil tandis que le fruit de mes entrailles tente de disséquer le chat avec ses Duplo, Duplo sur lesquels je finis inévitablement par marcher.

Avant d’avoir un enfant je me surprenais à croire au régime ananas-pamplemousse-vent de l’été, chaque maudit été. Même à 32 ans, une parcelle de mon esprit, rétif à toute forme d’éducation pensait « pourquoi pas ? ». Aujourd’hui je me dis que quand même, je pourrais me sortir les doigts et le fabriquer, ce petit boulier Montessori en bouchons de bouteilles recyclés ! Ou faire du yoga-avec-bébé. Ou même, audacieux, faire de la pâtisserie avec lui, en photo c’est tellement mignon !

Mais non, je profite égoïstement de mon temps libre (mon insomnie durant mes premières vacances depuis 2012) pour rédiger cette note de blog. Mes autres moments de liberté étant les 30 mn de trajet maison/boulot et mes 30 mn de pause déjeuner. Que j’utilise à lire ou à jouer à Monster Super League sur Android (un excellent jeu d’ailleurs que je vous recommande, oui, je n’ai pas pu jouer sur PC depuis début 2015)(Tiens, curieusement mon bébé va avoir deux ans, quelle coïncidence 😀 )

 

Mais je m’égare même si MSL est un super jeu.

Il faut que j’arrive à renoncer à ce truc de me dire que je peux investir 100% de mon temps à mon enfant. Et que c’est pas égoïste pour autant. Et il faut aussi que j’arrive à me dire que ces mamans parfaites ont sans doute un truc que je n’ai pas : du temps, plus d’argent que moi, de la famille pour le soutien logistique, une bonne santé ou tout à la fois

Si vous êtes dans ce cas, franchement, profitez-en à fond.

Mais arrêtez de dire que le vinaigre blanc et les paillettes de savon c’est « si facile », je vous en remercie par avance, bisou keur keur.

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