Osez… ne pas être féministe (ou pas) !

Edit du 9 janvier 2014

Suite à des réactions assez épidermiques sur cet article, je me dois de préciser plusieurs points.
1. Cet article date de 2011
2. Oui, moi aussi en me relisant j’ai envie de me coller deux baffes.
3. Je n’ai pas supprimé cet article, simplement car même si ma position sur le féminisme a changé depuis (et heureusement !), je pense que ma propre parole peut être un absolu contre-exemple des erreurs qu’une femme peut commettre, et la faire jouer contre son camp. Du coup, après beaucoup d’hésitations, j’ai décidé d’assumer mes conneries et de le laisser en ligne.

Il est toujours intéressant de garder une trace de ce qu’on a pu penser, ou écrire. Même si j’ai franchement HONTE de mes écrits sur ce coup-là, ce serait trop facile de juste le supprimer et de cacher tout ça sous le tapis. Et puis la relecture, et cette honte, m’ont permis de réfléchir à nouveau, et de me confronter avec mes erreurs.

Heureusement, depuis, ma pensée a évolué, et j’ai écris plusieurs autres articles traitant de ma vision du féminisme, dans cette catégorie « Moi et mon chromosome X »

Je remercie donc mes lectrices inattendues (je suis loin d’avoir une audience de folie, je ne pensais vraiment pas qu’on lirait ce truc) pour m’avoir signalé qu’un petit avant-propos serait de bon aloi.

Et voici le contre-article correspondant : Féminisme : pourquoi j’ai changé d’avis ?

Voilà donc la bête !


Oui, le féminisme revient à la mode il semblerait. Avant de me faire décapiter avec les dents par mes congénères dotées de seins (ou pas), je précise : non, je n’appelle personne mademoiselle, chut.

Ce que je trouve assez aberrant c’est qu’aujourd’hui, le féminisme, tout comme les restos du coeur ou les fameuses lunettes bleues de Michou, existe toujours. Parce que pour moi, c’est un peu une évidence en fait. Tout comme je ne comprends pas l’homophobie, parce que, perso, ce que les gens font dans le cadre de leur intimité, c’est pas que je m’en fous, c’est que j’en ai carrément rien à battre.

Donc là, si je suis bien, depuis que notre ami du PS a malencontreusement à l’insu de son plein gré mais consensuellement violé fait profiter de son immense charisme une femme de chambre, ayé, hop, on beugle. Plusieurs questions viennent à moi : pourquoi récupérer un évènement aussi glauque pour en faire un sujet de polémique ? Lorsque certains partis politiques récupèrent des évènements de l’actualité pour faire campagne, c’est pas beau, là non, c’est différent. Pourquoi accorder autant d’importance à ce qui reste un fait divers (oui, parce que les enfants, des viols c’est pas comme si il y en avait 25 000 par an, hein…) ? Pourquoi le féminisme existe-t-il encore ? Suis-je macho ?

Je considère que ma vie a autant de valeur que celle du type en face de moi dans le métro, même si ça me désole, ou que la vie du bébé somalien qui crève la gueule ouverte alors qu’on dépense des milliers d’euros dans des campagnes de com diverses ou dans des résidences surveillées avec spa et salle de sport. Ahum, je m’égare.

Donc, non, je ne suis pas vraiment féministe, même si j’ai un profond respect envers mes consoeurs révoltées. Je trouve désolant qu’on soit obligées de lutter. Encore aujourd’hui, lorsque je me fais draguer, le moyen le plus simple d’esquiver le débile profond qui m’accoste d’un « mademoiselle » est de répondre « non, madame ». Mes collègues de bureau ont mis un peu de temps à comprendre qu’en fait j’étais plus nerd qu’eux pour certains. Je ne compte plus les entretiens d’embauche où on m’a demandé l’air de rien « Vous avez des enfants ou vous comptez en avoir ? ». Les exemples sont nombreux, et les décérébrés de base encore plus.
Affligeantes sont quand même certaines filles en elles-mêmes qui encouragent volontairement, les comportements machistes ou dégradants à leur égard. Non à la pouffitude ! Respectons ceux qui se respectent aussi un peu.
Bon, à part ça, je n’arracherai pas la jugulaire avec les dents des gens qui m’appellent mademoiselle, surtout qu’ils sont de moins en moins nombreux maintenant que j’approche visiblement de la date de péremption.

Je ne suis pas vraiment féministe, en revanche ceux qui me prennent pour une buse s’en mordent encore les doigts pour certains, en gardent un mauvais souvenir pour d’autres. Ceux qui ne rentrent ni dans l’une, ni dans l’autre catégorie ne méritent même pas mon mépris. Peut-être pas activiste, mais pas lâche pour autant.

Parce que chacun a le droit d’être considéré à sa juste valeur, peu importe qu’elle soit femme,homme, vieux, fanboy ou somalien. Le plus important n’est-il pas d’être libre, au moins en esprit ?

Sur ce, je vous laisse, j’ai du gloss à remettre et un Biba à lire.

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10 réponses à “Osez… ne pas être féministe (ou pas) !”

    • Sans doute, oui. En même temps le type assis en face de moi dans le métro doit avoir à peu près le même sentiment, maintenant que j’y pense !

  1. Je n’aime pas les extrêmes et il m’est arrivé de tomber sur des féministes qui étaient très pénibles car trop rebelles contre tout.
    ça m’exaspère bien plus quand j’entends une femme dire (mode bobo on/):
    -« ah mais je suis une féministe moi »pour se faire mousser et que cette personne ne soit jamais allée plus loin qu’un petit débat entre amis.
    Néanmoins les inégalités sociales existent encore et je respecte fortement leur colère légitime.
    Pour l’instant je n’ai pas trouvé mieux qu’un syndicat pour défendre cela(parmi tant d’autres injustices ou hommes et femmes se doivent d’agir ensemble.)

  2. Les cons m’agacent, et ils sont nombreux, quel que soit le sujet abordé. Les médias m’agacent. Du coup je peux dire les médias sont des cons non ? ^^

  3. Le féminisme ça pue. enfin, le mot.
    il a été galvaudé.
    Par contre, moi qui suis anti « chienne de garde » et que le « féminisme » fait vomir, et bien je lis « causette » (depuis peu) et en dehors de quelques articles que je trouve un peu « too much » (ils sont rarissimes) c’est un très très bon magazine.
    Je le conseille !

  4. Bah… J’ai lu pire, sur l’anti-féminisme, et de la part de femmes… Les hommes sont pète-ovaires avec le féminisme, mais les plus difficiles à convaincre ce sont les femmes. (genre ex extrême, à faire pleurer tout le monde dans les chaumières, et limite caricature : l’excision, ce sont les mères excisés qui la font faire à leur gosse pour leur donner une vie « normale » ; dans le genre conditionnement, hein…)

    Elles sont souvent tellement heureuses de leur place qu’elle ne comprennent même pas qu’on puisse trouver vouloir quelque chose de différent…

    Mais j’ai aussi remarqué que c’est une question d’âge. Les jeunes pouliches rebelles sont souvent rebelles contre tout, même (et surtout) ce qui est bon pour elles. Avec le temps, l’expérience, le ras-le-bol vient à bout de ces résistances, et les féministes les plus virulentes ont souvent dépassé la trentaine, et ont souvent été fières d’être des femmes « soumises » à la loi naturelle dans leur jeunesse (revendiquant le droit d’être mère au foyer, par exemple)…

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