Les 10 idées reçues sur les gros-ses

Depuis peu, je suis abonnée à ce groupe Facebook qui s’appelle L’Observatoire de la Grossophobie et du Body Shaming, et qui est « Un observatoire pour collecter, partager, faire circuler et informer sur les attaques grossophobes et le body shaming. »

Sous couvert de valeurs scientifiques et d’arguments santé, la lutte contre le surpoids et l’obésité est de plus en plus synonyme de condamnation morale. Le-a gros-se mange, est incapable de contrôler son corps, et prend volontairement des risques pour sa santé. Le-a gros-se a tout faux, et représente en plus une véritable gène pour certains…

Voici donc mon top 10 des idées reçues sur les gros-ses.

DISCLAIMER : cet article a pour but de souligner ces idées reçues, de démontrer qu’elles méritent cette appellation « d’idée reçue » car étant sans fondement avéré. 
Mon discours ici est de pointer du doigts des raccourcis que nous faisons bien volontiers, que moi aussi j’ai fait, et fais encore parfois malgré moi. J’ai vécu plusieurs années dans l’obésité morbide, je suis toujours GROSSE malgré la chirurgie bariatrique, et je subis encore cette grossophobie aujourd’hui.
Je veux ici lutter contre ces idées qui nous font du mal, à nous, les personnes en surpoids, que ce soit 1, 2, 40 kg « en trop », et à vous, les personnes qui jugent trop facilement.

Idée reçue n°1 : Les gros-ses mangent mal et ne font que ça.

Question. Avez-vous, comme la quasi-totalité des personnes vivant dans un pays où la nourriture est abondance, un de ces amis qui s’enfile viennoiseries, frites et donuts comme un petit goinfre et qui reste sec comme une allumette tandis que la simple vue d’un carré de sucre vous fait prendre du poids par simple transposition de pensée ? Mui ?

Bravo, vous venez d’acquérir par l’exemple votre première expérience dans cet univers fascinant qu’est la biochimie ! Cela s’appelle dans le texte « les arcanes magiques et insondables de l’art secret du métabolisme humain ». Non, l’obésité n’est pas un trouble métabolique, je le sais.

Mais non, les gros-ses ne mangent pas forcément tous dans des fast-food, il y a des gros-ses végétariens, végétaliens, et qui mangent bien plus équilibré que la majorité du « tout venant ». J’irai même plus loin en affirmant sans aucun autre chiffre ni étude que mon expérience personnelle que la plupart des personnes en surpoids que je connais ont de très solides notions en nutrition ! Evidemment, vu qu’à un moment où à un autre, tous les gros-ses sont mis au régime…

Et oui, en terme de restriction alimentaire, vous seriez étonnés de voir que les champions du monde toute catégories sont les gros-ses.

L’inverse est vrai : les personnes très minces ou maigres ne sont pas non plus obligatoirement des affamées préoccupées uniquement par leur poids. Ce sont des personnes.

Idée reçue n°2 : Les gros-ses ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

Les causes de l’obésité et du surpoids sont encore assez mal connues, on parle bien évidemment d’un ensemble de facteurs. Hors ceux purement alimentaire et de sédentarité il reste :

  • L’hérédité : et oui, même si l’hérédité n’explique pas tout, il n’empêche que selon les chiffres, au moins 50% des personnes en surpoids on un de leurs deux parents en surpoids également. De plus, un gène favorisant la prise de poids a été découvert en 2009, et des chercheurs ont démontré son lien avec l’obésité cet été. (Source : publication en août 2013 icipage Wikipedia avec l’ensemble de la bibliographie des publications scientifiques sur le sujet, et l’explication de texte pour les non-scientifiques) Cette prédisposition entraîne donc un dysfonctionnement dont les calories sont stockées.
  • Le contexte familial : cf. plus haut. Si l’hérédité n’est pas un joker qu’on peut sortir de sa manche quand bon nous semble (heureusement), le contexte familial est un facteur extrêmement important pour l’apprentissage des prises alimentaires chez les enfants.
  • Les disparités socio-économiques : bah vi. Manger des trucs industriel et gras est moins cher que de manger sainement…
  • Certaines maladies : maladies endocriniennes, génétiques.
  • La production d’insuline (et oui)
  • Certains médicaments : anti-dépresseurs, cortisone, contraception orale…
  • La pratique intensive et répétée de régimes ! (cf. « Pourquoi il est « impossible » de perdre du poids durablement en étant obèse)

Je vous conseille aussi la lecture de cet article, ça fait pas de mal.

Attention, je ne dis pas que personne n’est jamais responsable de rien, accuser uniquement la génétique est une solution à la fois dangereuse et de facilité, que ce soit pour le surpoids, la délinquance, les maladies mentales, etc. etc.

Mais le raccourci qui est d’affirmer qu’une bonne prise en main résoudrait tout facilement est fausse.

Idée reçue n°3 : Les gros-ses manquent de volonté.

Avez-vous un vice caché ? Une manie ? Un défaut de fabrication ? La cigarette, un verre de vin en trop, les jeux à gratter, être maniaque de la propreté, ne pas supporter le bruit, la foule, ne pas réussir à ne pas finir le paquet de chips, passer des heures sur Facebook, la procrastination, le glandage au boulot, les soldes Steam, internet, les SMS, les jeux sur mobile, les chaussures, le shopping, votre passion immodérée pour les chats, un manque d’autorité, un manque de confiance en vous, un complexe, un TOC, un tic de langage…

Oui ? Toutes mes félicitations, avec le raisonnement « tout est question de volonté » vous venez officiellement de passer dans la catégorie « flemasse » ! Et si non, bravo, vous êtes quelqu’un de parfait, il ne vous reste plus qu’à devenir mormon pour aller au Paradis.

Idée reçue n°4 : Les gros-ses sont fainéants.

Corollaire de l’idée reçue n°3 : un-e gros-se n’a pas de volonté, il est paresseux. D’ailleurs, c’est pour ça qu’ils ne font pas de régime (cf. idée reçue n° 5).

paresse /pa.ʁɛs/ féminin
Tendance à éviter toute activité, à refuser tout effort consenti par les autres lambdas, disposition habituelle à ne pas travailler, nonchalance, négligence des choses qui sont de devoir, d’obligation.

La paresse se détermine de la volonté : on peut être paresseux et volontaire, on peut être volontaire et paresseux. La volonté est ici l’engagement en tant que tel face à un état de fait, et une résolution. La paresse est plutôt un mode de fonctionnement : refuser l’effort et l’engagement de manière habituelle.

Là où on accuse un-e gros-se de manquer de volonté c’est face à sa « problématique » : le poids.

En revanche, accuser un-e gros-se d’être paresseux c’est juger son attitude globale par rapport à la vie : cela concerne sa soit-disant non prise en main de son corps, mais aussi son attitude au travail, sa manière d’aimer, d’élever ses enfants…

Avez-vous déjà remonté trois packs d’eau sur trois étages ? Se déplacer en surpoids, c’est avoir en permanence ces packs d’eau sur le dos. Etre en surpoids, c’est vivre toujours dans l’adaptation et la contrainte : se doucher, s’habiller, se vernir les ongles des pieds, faire ses courses, marcher, aller travailler, se soigner et se faire soigner.
Du courage et de l’énergie il en faut pour se lever le matin, accomplir la routine habituelle, ajouter +20% à tous ses temps de trajets pour cause d’essoufflement ou de difficultés à se déplacer, subir les regards, les moqueries, ou au contraire ce silence pesant et les regards fuyants des gens dans la rue…

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Idée reçue n°5 : Les gros-ses devraient juste faire un bon régime.

Ah ah ah. Hum pardon.

Saviez-vous qu’un des facteurs aggravants du surpoids et de l’obésité étaient justement les régimes, la restriction et la culpabilité qui y sont associés ? Je ne dis pas qu’un régime ne permet pas de perdre de poids, mais que (encore une fois) rien n’est jamais aussi simple que ça.

Réalisées depuis 2006, les études « INCA » de l’ANSES sur la nutrition ont permis entres autres choses de démontrer que la perte de poids et le contrôle de l’alimentation sont des préoccupations très importantes, surtout chez les femmes (…et chez les ados, de plus en plus tôt).

L’étude INCA 2(1) a montré que plus de 30 % des femmes ayant un poids « normal » et 15 % des femmes « minces », ont suivi un régime pendant l’enquête ou avaient suivi un régime l’année précédant l’enquête. Récemment l’étude Nutrinet a montré que près de deux femmes sur trois de poids normal font des régimes et 27 % des hommes de poids normal disent souhaiter maigrir. (ANSES)

Une étude menée par le Journal des Femmes sur l’après-Dukan est édifiant :

La reprise de poids à moins d’un an du début du régime concerne environ 35 % des personnes interrogées. Ce chiffre double quasiment 2 ans après le début du régime pour atteindre 64 %. Au-delà de 4 ans, près de 80 % des personnes interrogées déplorent la reprise du poids initialement perdu. Au-delà de 2 ans, 75 % des participants déclarent avoir regrossi.

[…] Pour près de 2 répondants sur 3, la reprise de poids est survenue parce qu’ils n’ont pas su suivre la dernière phase du régime : la phase de stabilisation. Un tiers des répondants estime que le régime ne lui était pas adapté. Cette donnée témoigne du sentiment de culpabilité engendré par ce régime. Elle s’intègre dans le cadre général des conséquences psychologiques potentielles des régimes restrictifs. Le rapport de l’Anses alerte notamment sur les conséquences psychologiques fréquentes telles que la dépression et la baisse de l’estime de soi face aux échecs à répétition des régimes amaigrissants.

[…] Plus d’un tiers des personnes qui ont repris le poids perdu malgré le régime sont prêtes à recommencer le régime Dukan. Ce graphique illustre toute la problématique des régimes en général.Il existe un cercle vicieux qui fait que lorsqu’une personne a réussi à perdre du poids, même de façon temporaire, elle sera amenée à rechercher à nouveau cette perte de poids,conduisant au phénomène yoyo de perte de poids – reprise de poids.

(Journal des Femmes)

Sources :

Cela soulève tout de même une autre question : Pourquoi toujours devoir maigrir à tout prix ? Je vous laisse parcourir cet article du Dr Gérard Apfeldorfer sur l’excellent site « GROS » qui donne plusieurs pistes.

Toujours est-il que là encore, voici un beau préjugé : les personnes en surpoids doivent changer, et pour ce faire, rien de mieux que la restriction alimentaire et surtout beaucoup, beaucoup de volonté ! Vous êtes encore gros-se ? Aucune excuse, dans ce cas, vous l’avez voulu, aujourd’hui on est en mesure et nous avons donc le devoir de contrôler notre corps, le surpoids est donc entièrement de votre fait.

En plus, être mince est à la mode. Vous vous devez d’être à la mode. Pourquoi ? Parce que les médias le disent. Parce que le régime est un business extrêmement rentable, et que personne n’a d’intérêt dans le maintien d’une population saine et heureuse qui aurait du cerveau disponible pour commencer à réfléchir.

Vous n’êtes pas assez rentable !

Jes, un mannequin grande taille, et sa lettre ouverte à Abercrombie & Fitch suite à leurs propos sur les gros et les moches. (clic sur l'image pour la lettre)
Jes, un mannequin grande taille, et sa lettre ouverte à Abercrombie & Fitch suite à leurs propos sur les gros-ses et les moches. (clic sur l’image pour la lettre)

Idée reçue n°6 : Les gros-ses sont en mauvaise santé, à cause de leur poids.

Si le surpoids cause de nombreux problème de santé, tous les problèmes de santé des gros-ses ne sont pas liés à leur poids. Enfin moi ça me semble logique, mais visiblement ça ne semble pas évident pour tout le monde.

Pour le coup, pas d’étude ni de chiffres, mais mon expérience personnelle. Je souffre d’une une spondylarthrite ankylosante qui a commencé à se déclarer il y a bientôt 20 ans, et diagnostiquée il y a 5 ans. J’ai passé à minima 15 ans à souffrir et à me voir répondre « vous êtes trop grosse ». A 12 ans, je pesais 4 kg en trop sur la courbe du carnet de santé, et je souffrais d’une dysplasie femoro-patellaire. Je n’ai pas passé un seul jour entre 1994 et 2010 sans être au régime, sans vouloir maigrir ou sans « faire attention ». Pas un seul. Depuis 2010, j’y pense juste un peu moins.

Je mesurais 1m72 et pesais 65kg lors de ma première consultation pour des douleurs articulaires plus graves que juste mon mal de genou habituel, j’avais 15 ans. Aucune analyse n’a été faite, aucun examen, on m’a juste renvoyée au régime. J’ai attendu d’avoir 26 ans et plusieurs déménagements plus tard pour que mon nouveau généraliste me dise « Si vos douleurs dans les mains sont dues au poids, faut arrêter tout de suite de marcher sur les mains, mademoiselle ! » (j’aime beaucoup mon doc, il me sort toujours des trucs dans le même genre). Et effectivement, premières prises de sang, analyse génétique, IRM, diagnostic. Après un premier rhumato qui m’a dit « Pas la peine de vous donner des béquilles ou une canne, vous avez qu’à vous bouger et perdre du poids pour vous déplacer » (si, si), j’ai rencontré ma rhumato actuelle, qui a été à la fois navrée et malheureusement habituée à ça (pour info, elle doit peser 45kg toute mouillée la dame). Et a pu confirmer qu’une perte de poids très importante n’avait pas d’impact sur ma santé.

Evidemment, ça n’arrange pas, le poids. Mais vous savez quoi ? Après avoir perdu plus de 50 kg suite à la chirurgie bariatrique, ma maladie n’a pas disparu ! Certains symptômes se sont même aggravés alors que j’avais perdu 1/3 de ma masse corporelle.

D’autre part, en étant obèse, je n’ai souffert ni de diabète, ni d’hypertension, ni de cholesterol. Pas d’apnée du sommeil, pas de transpiration excessive, pas de reflux gastro-oesophagien ni gastrite, mon seul souci était mon hépatomégalie stéatosique (littéralement un foie gras, liée également à ma consommation d’alcool). Je n’étais pas plus malade que d’habitude (à titre de comparaison, beaucoup moins que quand je fumais…), j’avais juste du mal à me déplacer à cause de mon surpoids.

Je vous laisse lire le témoignage de Mélanie sur son parcours entre obésité et « vraie » maladie.

Pour conclure ce point : je sais que mon surpoids, même si nettement moins important qu’auparavant, n’améliore pas mon état articulaire, surtout au niveau des hanches, des genoux, des pieds. Mais vouloir perdre du poids durant toute ma vie m’a menée à un profond désespoir, un dégoût de moi-même, et au final un état dépressif chronique qui n’a pas non plus aidé à mon mieux-être physique. Alors quoi ? Je continue de m’acharner sur moi-même ou bien je commence à m’accepter et à profiter de ma vie pour de bon, en vivant avec la maladie et pas pour la maladie ?

Allez, une publication quand même sur le rapport médecin/patient : Physicians build less rapport with obese patients – 2013

Idée reçue n°7 : Les gros-ses sont pauvres et sentent mauvais.

On a souvent l’image du gros-ses en jogging T-shirt avachi sur son canapé, télécommande en main, le cheveu gras et l’œil vitreux.

Il est vrai qu’obésité est souvent associée à pauvreté, je ne contesterai donc pas totalement cette idée reçue qui est malheureusement fondée (même si à prendre avec précautions, beaucoup de facteurs entrent ici en compte) : les chiffres ne démentent pas cette tendance. Les différences de salaire liées au surpoids n’aident évidemment pas (cf. point n°9), mais c’est surtout la grande accessibilité de la junk food à bas prix qui est ici en cause. Les aliments sains sont chers, cuisiner coûte cher, beaucoup plus que de se remplir de n’importe quoi rapidement.

Mais encore ici, le raccourci est facile entre pauvreté et surpoids. La pauvreté est un des facteurs, pas le facteur. Dans l’imaginaire collectif, le PDG d’une entreprise est d’ailleurs souvent bedonnant (et c’est un homme bien sûr). Et puis il y a des riches super moches, comme, allez, au hasard, le CEO d’Abercrombie & Fitch ?

OUH LA VACHE ! (pardon il me fait peur à chaque fois, je vais scroller)
OUH LA VACHE !
(pardon il me fait peur à chaque fois, je vais scroller)

En revanche, pour l’odeur, mis à part une transpiration qui peut être accentuée par les efforts à fournir pour se déplacer, rien n’est avéré ! L’hyperhidrose (la secrétion excessive de transpiration) et la bromhidrose (la prolifération de bactéries causant la mauvaise odeur) peuvent venir de beaucoup de facteurs : la prise de certains médicaments, l’alimentation, des problèmes dentaires, le savon utilisé, les vêtements synthétiques, le stress, les hormones… et pas obligatoirement le poids.

Idée reçue n°8 : Les gros-ses sont laids.

Réponse en images ? Réponse en images !

Idée reçue n°9 : les gros-ses ne travaillent pas aussi bien que les autres.

Même s’il ne rentre pas en ligne de compte dans les capacités professionnelles, le poids est un véritable frein à la mobilité professionnelle.

Comme toutes les discriminations professionnelles, elle est difficile à prouver et à chiffrer (Peu d’employeurs vous avouerons que vous êtes trop gros-se pour refuser votre candidature…)

Les critères des discriminations vécues : âge, sexe, grossesse et maternité devancent désormais l’origine ethnique, classé en 7ème position pour les salariés du public et 4ème pour ceux du privé.
Alors que depuis 2009, l’origine ethnique était citée comme le principal critère de discrimination par les victimes dans le secteur privé, ce critère est aujourd’hui devancé par l’âge (cité par 26% des victimes du privé), la grossesse ou maternité (25%), le sexe (23%) et l’apparence physique (20%).

[…] En revanche, l’origine ethnique reste le premier facteur de discrimination observée par les témoins dans le secteur privé (35%) et le deuxième dans le public (26%). L’apparence physique (27% pour les agents, 25% pour le privé), les activités syndicales (25%, 26%), le sexe (25% pour les deux populations) faisant également partie des premiers critères cités par les deux populations.
(Sondage CSA pour le Défenseur des Droits, concernant le regard croisé salariés du privé et agents de la fonction publique – Janvier 2012)

Trois critères sont jugés comme des obstacles à l’embauche par huit à neuf personnes sur dix : être enceinte (89% et 80% en ZUS), être âgé de plus de 55 ans (88% dont 94% chez les 50 ans) et être obèse (78%). Le handicap arrive non loin derrière (72%).
(Sondage IFOP pour le Défenseur des Droits concernant la perception des discriminations par les demandeurs d’emploi, Octobre 2013)

Mais aussi :

Perso, je ne vois pas le rapport entre surpoids et capacité de travail. Pour avoir été sujette à remarques et « humour » de la part d’ex-collègues, je peux par contre vous assurer que le moral en berne causé par la connerie humaine peut effectivement causer du mal-être au travail…

Idée reçue n°10 : Les gros-ses sont gentils et bêtes. Ou très, très méchants et vicieux.

Nous avons souvent tendance à trouver un interlocuteur gros « gentil » ou « jovial » mais aussi moins intelligent (« ça se sait, pourtant que le surpoids est néfaste pour la santé ! Il/Elle doit donc être bête)

Grâce à l’imagerie utilisée dans la BD, les dessins animés, ou le cinéma, le-a gros-se a plusieurs étiquettes qui lui collent à la peau. Si cette imagerie n’a pas obligatoirement pour but de stigmatiser le-a gros-se, elle contribue cependant à générer du préjugé.

– Soit le-a gros-se est gentil, bête, boulet :

  • Obelix
  • Winnie l’Ourson
  • Homer Simpson
  • Shrek
  • Eddie Murphy et sa « Big Mama » ou son « Professeur Foldingue »
  • Rosemary, dans L’Amour Extra-Large
  • Bridget Jones
  • Hugo Reyes (Lost)
  • Samwell Tarly (Game of Thrones)
  • Le Père Noël (…bah si !)

– Ou bien méchant, bête, pervers

  • Eric Cartman
  • Blotch, l’alter-ego maléfique de Blutch
  • Jabba le Hutt
  • Ursula (La Petite Sirène)
  • La Reine de Coeur (Alice au Pays des Merveilles)
  • Eddie Murphy et sa « Rasputia » (dans Norbit)

Des dizaines d’autres exemples sur cette page « The Fat Bastard« 

Heureusement, certains créateurs savent étoffer leurs personnages et s’affranchir des codes (Eric Cartman, la mère Bonnie dans Gilbert Grape, la recrue Baleine dans Full Metal Jacket, Blotch…). Il n’en reste que le-a gros-se a cette représentation si singulière, cette caractérisation qui le classe automatiquement dans l’une ou l’autre des catégories, alors qu’un personnage « neutre » pondéralement (…et masculin) peut endosser une gamme infinie de rôles.

Conclusion

Je pense avoir fait le tour des préjugés anti-gros-ses, mais j’en ai aussi probablement oublié. Pour ceux qui sentent monter une indignation et vont me répondre qu’être gros c’est risquer sa vie et que tout ça c’est pour notre santé et notre bien-être, je dirais juste :

  • Est-ce que je vous empêche de fumer ? De boire ?
  • Est-ce que je vous empêche d’avoir des pratiques sexuelles à risque ?
  • Est-ce que je vous empêche d’élever vos enfants comme bon vous semble ?
  • Est-ce que je regarde par dessus votre épaule quand vous allez sur Facebook au boulot ?
  • Est-ce que je vous fais remarquer que vous ne sentez pas très bon après une journée de boulot et 1h dans les transports en commun ?
  • Est-ce que je vous critique lorsque vous commandez des frites au resto ?

Beaucoup s’attendent à être responsables et responsabilisés par rapport à leurs choix de vie, je pense que vous n’apprécieriez pas qu’on intervienne dans votre vie contre votre gré, pour votre bien, de manière incessante et paternaliste.

En bonus : une série de liens causant « body shaming » :

Sur ce, je vais aller manger une pomme et du fromage blanc allégé, ça me fera du bien.

Non, je déconne.

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